
Les instituteurs de primaire des années 80 étaient fous, parfois (tout le temps ?). En tout cas, leurs choix de films de Noël était souvent douteux.
Dans mon école, le dernier jour précédant les vacances scolaires, l’après-midi n’était pas travaillé. Toutes les classes se retrouvaient dans la salle commune, nous nous asseyions par terre en tailleur comme des petits indiens, mais sans calumet, et un film était projeté sur le téléviseur à l’aide d’un magnétoscope. (Je reviendrai sur cette formidable invention plus tard.)
L’école avait donc une grande télé couleur et un magnétoscope et voici, l’année de mes 9 ans, ce qu’elle a décidé de nous diffuser ce jour-là : un film sorti un an auparavant, en 1984, les « Gremlins ».
Passé les premières exclamations admiratives devant le trop mignon petit Gizmo, les plus petits se sont vite mis à se cacher les yeux et à pleurnicher devant ces mochetés gluantes de Gremlins. Je vous laisse vous remémorer les scènes du mixeur, du micro-ondes et du chien pendu aux guirlandes. J’avais neuf ans, je ne fermais donc pas les yeux. Au contraire, ne serait-ce que pour bien me rappeler de tout ce que je risque si je rencontre un de ces monstres dans la vraie vie. Mais non, ha ha ! C’est juste un film, voyons… Les Gremlins n’existent pas, si ??? Mais s’ils existaient quand même, il fallait que je me souvienne de comment faire pour les tuer.
Pourquoi diable ont -ils pensé que c’était un film pour les enfants ? Ils se sont arrêtés aux sapins et aux guirlandes de la boîte VHS ? Ils ont trouvé Gizmo mignon et pensaient que le film parlait d’une peluche ?
Mais le pire c’était la chute du film : « Alors, si votre climatiseur ou votre machine à laver sautent, si votre magnétoscope tombe en panne, avant d’appeler le réparateur, allumez toutes les lumières, ouvrez les placards et regardez sous tous les lits. Parce qu’on ne sait jamais. Il se pourrait qu’il y ait un Gremlin chez vous. »
Et voilà. Formidable. J’en ai cauchemardé pendant au moins quinze jours, à vérifier que ma chambre était dépourvue de monstres gluants aux dents acérées avant d’aller dormir. Au bout d’un certain temps, j’étais trop fatiguée pour me lever et vérifier. Heureusement, j’avais ma veilleuse globe terrestre qui restait allumée toute la nuit. Je me disais : « Tant pis, je suis tellement fatiguée que s’ils me tuent, je ne m’en apercevrai peut-être pas ». Et c’est ainsi que ça m’est passé…
L’année suivante, j’ai vu la télé sur roulettes arriver avec beaucoup d’appréhension. Cette fois-ci, c’était « Le Diamant du Nil », un excellent film d’aventures. Si seulement, à la fin, il n’y avait pas eu quelqu’un qui se faisait arracher la main par un caïman.
J’ai aussitôt décidé que jamais de ma vie entière je ne m’approcherai d’un crocodile. Ni d’un pays dans lequel vivaient des crocodiles. Quelques années plus tard, la grande saga de l’été « La vengeance aux deux visages » diffusée sur TF1, n’a fait que renforcer en moi cette décision. Les crocodiles sont des bestiaux de l’enfer. Je ne suis décidément pas une aventurière.
Ceci est un extrait de mon livre « Années 80, les meilleures années de tout l’univers« . Si vous voulez découvrir d’autres anecdotes et revivre de merveilleux moments des années 80, il est pour vous !

